Colloque Echoline - 25 janvier 2019

Dr Nicole Guedeney

Guédeney N, Guédeney A. L'attachement : approche clinique et thérapeutique. Elsevier Masson, 2016. Chapitre II. LA CLINIQUE REVISITEE PAR L'ATTACHEMENT DU BEBE A LA PERSONNE AGEE.
Le livre existe en version numérique sur Amazon, prix 20.06€

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"De la grossesse aux trois ans de l’enfant, chaque famille vulnérable adressée par le réseau est accompagnée par un binôme sage-femme/psychologue: c’est la spécificité du dispositif porté depuis vingt ans par l’association Echoline à Charleroi (Belgique). A l’occasion de son 20ème anniversaire et de l’organisation de son premier colloque, l’association belge Echoline a demandé à plusieurs mamans accompagnées par ce service innovant de bien vouloir témoigner devant une caméra. Le résultat est saisissant de spontanéité et d’émotion. A l’image se succèdent plusieurs jeunes femmes. Certaines ont dû composer avec la souffrance du déracinement et de la migration. D’autres semblent porter sur le visage, dans le regard, le poids d’une enfance chaotique et pas si lointaine. Toutes racontent le désarroi, le sentiment d’incompétence, l’espoir, l’estime de soi retrouvée. Des témoignages qui disent le dénuement matériel -« Ils m’ont prêté des choses, un mobile, des jeux, un porte-bébé »-, la souffrance psychique – « Je n’ai pas eu l’amour affectif de ma maman et de mon papa, avec l’enfant je me suis mise sur pause, le lien n’a pas été tout de suite là, je n’arrivais pas à lui parler »-, le réconfort – « quelqu’un qui s’intéresse à ta vie, ça fait du bien, je pouvais tout dire ». Et puis les larmes irrépressibles qui inondent les joues et traduisent la gratitude comme l’angoisse du grand saut : «maintenant que mon enfant a grandi, ça va s’arrêter, je ne sais pas comment je vais faire sans elles. » Elles. Trois sages-femmes, trois psychologues, une secrétaire et une coordinatrice qui accompagnent des familles vulnérables de la grossesse (ou juste après l’accouchement) jusqu’aux trois ans de l’enfant. Selon un principe simple : chaque maman est suivie par un binôme composé d’une sage-femme et d’une psychologue. Lesquelles assurent des visites à domicile mais accueillent également les familles dans les locaux de l’association, notamment pour des ateliers à thème ou des groupes de discussion selon l’âge des enfants. En fonction de leurs questions, de leurs angoisses, de leurs difficultés, qui évoluent tout au long de la grossesse puis des premiers mois de l’enfant, les femmes se tournent vers l’une ou l’autre des accompagnantes de leur binôme. « Notre travail a essentiellement lieu au domicile, en moyenne une fois tous les quinze jours, précise Emilie Querton, psychologue, coordinatrice. C’est important pour se rendre compte de leur réalité. »    

Comme le rappelle le président d’Echoline, Pierre Rousseau, l’association a été fondée au départ dans le but de prévenir le handicap mental, en donnant accès à des soins pré et post natals à des femmes précaires, avec une équipe volante et pluridisciplinaire. Vingt ans plus tard, Echoline (financée par le Fonds Charles Albert FRERE, Viva for Life, la ville de Charleroi, et l’ONE), accueille des mères « dans une grosse précarité sociale » dont 71% sont en couple, 83% sont belges, 42% primipares, 30% ont moins de 21 ans, 13% ont moins de 18 ans, et presque toutes se trouvent dans un grand isolement familial et social. « Nous voyons de plus en plus en plus de familles avec handicap mental, constate Emilie Querton. Le cumul de difficultés semble de plus en plus important. On assiste à une chute des ressources familiales. Il y a 15 ans, on pouvait s’appuyer sur la grand mère. Aujourd’hui, on y pense et puis…non, on se dit que ce n’est pas possible. Nous voyons plus de jeunes parents qui ont eux-mêmes un vécu de multiples placements. La reproduction est très forte. » Les plus anciennes de l’équipe se disent qu’elles vont bientôt voir arriver les enfants des premières mères quelles ont accompagnées… La structure est également confrontée à davantage de mères adolescentes, à des jeunes femmes elles mêmes concernées par un service de protection de la jeunesse, qui se retrouvent autonomes, ou plutôt livrées à elles-mêmes, alors qu’elles devraient être protégées. Autre problématique (souvent cumulative) : les parents porteurs d’un trouble psychiatrique. « Les mères ont rarement un psychiatre de référence, elles ne sont pas inscrites dans un parcours de soins, constate la psychologue. Le gynécologue et le psychiatre quand il y en a un ne se positionnent pas toujours sur le traitement pendant la grossesse. En Belgique on a très peu d’unités mère-enfant, plusieurs ont fermé. C’est un problème ». Emilie Querton le reconnaît : « il peut nous arriver de nous sentir totalement impuissants. Il y a tellement de problématiques à traiter. Parfois nous avons l’impression de passer notre temps à essayer d’initier quelque chose. » Des objectifs sont formalisés sur le papier et les familles s’engagent à les poursuivre en signant. L’équipe est actuellement en plein processus d’auto-évaluation quant à sa façon de travailler. Elle veut mieux évaluer son action, réussir à rendre les parents davantage acteurs, faire avec eux un travail d’élaboration, proposer un soutien plus intensif et plus efficace. Pour cela l’association a engagé un travail d’analyse de ses suivis antérieurs pour comprendre dans quelle situation elle a pu être efficace et avoir un réel impact, afin de mieux cibler la population prise en charge. « Nous avons du mal à refuser les demandes, déplore Emilie. Or nous devons apprendre à dire non, à sélectionner, même si cela suscite de la frustration dans notre réseau. Sinon l’équipe va s’épuiser. » Les six sages-femmes et psychologues souhaiteraient intensifier leur action auprès de chaque famille, en gardant leur spécificité périnatale. Or, aujourd’hui, 90% du travail est social. « Nous portons beaucoup cette demande sociale alors que nous voudrions rester sur le soutien du lien, le soutien à la parentalité», regrette Emilie.
Un constat en tous cas : les professionnelles d’Echoline parviennent à « bien travailler » quand la maman reconnaît ses limites et ses difficultés. Ce qui n’est pas évident lorsque les familles arrivent sous la contrainte, adressées par les institutions. « Il faut alors plusieurs mois pour créer un lien de confiance, trouver des objectifs communs, amener des parents peu en demande à prendre conscience de leurs besoins, pose Emilie. Or les besoins du bébé, c’est sur du temps court ». Un travail intense aux enjeux fondamentaux et aux résultats aléatoires. Mais quand la rencontre se fait et que l’investissement porte ses fruits, cela donne des mamans prêtes à raconter devant une caméra le chemin parcouru et le lien noué avec leur bébé."

article GYNGER - Gaëlle Guernalec Levy > https://www.gynger.fr/abonnement/ 

Compte rendu du colloque:
Périnatalité : le lien à l’épreuve des précarités
DATE - 31 JANVIER, 2019
CATÉGORIE - PÉRINATALITÉ
AUTEUR - GAËLLE GUERNALEC-LEVY

A l’occasion de son 20ème anniversaire l’association belge Echoline (voir notre article) a organisé un colloque à Charleroi autour de la thématique « le lien à l’épreuve des précarités, quand fragilité et parentalité s’emmêlent ». Il a été question tout au long de la journée de facteurs de risque et de protection, de pédiatrie sociale, de santé mentale, de prévention, de la relation usager-professionnel. Sur l’estrade les spécialistes belges ont fait de la place à une française de renom : Nicole Guedeney, venue parler des associations entre précarité, maternité, attachement et caregiving. Le lieu choisi par l’association belge Echoline pour son premier colloque n’est pas anodin. Le Bois du Cazier est un ancien site minier majeur de Wallonie, où, le 8 août 1956, 262 mineurs ont trouvé la mort dans un incendie accidentel. L’ensemble de bâtiments de briques rouges, chargé de l’histoire de ces familles ouvrières, est impressionnant de beauté mélancolique. En ouverture, Pierre Rousseau, gynécologue-obstétricien président d’Echoline, rappelle les raisons pour lesquelles s’intéresser à la période périnatale relève, en matière de prévention primaire, d’une évidence...[suite...]

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"Le Lien à l'épreuve des précarités, quand fragilité et parentalité s'emmêlent"
MERCI A TOUS POUR VOTRE PRESENCE LORS DE NOTRE COLLOQUE ANNIVERSAIRE!

Cette année, l'asbl "ECHOLINE" fête ses 20ans d’existence. Pour cette occasion, quoi de mieux qu’un temps d’arrêt, un moment de réflexion et de rencontre avec vous, les différents acteurs du monde psycho-médico-social avec qui nous travaillons au quotidien ? Notre équipe a eu l’envie de prendre du recul sur le chemin parcouru, sur l’évolution de nos pratiques, des réalités des familles rencontrées et de nos collaborations. Toutes ces questions nous ont conduit à mettre sur pied un colloque qui nous rassemblera le vendredi 25 janvier 2019 au Bois du Cazier à Marcinelle.
 

« Le lien à l’épreuve des précarités. Quand fragilité et parentalité s’emmêlent.»


Derrière ce titre, nous souhaitons illustrer en trois temps les différents regards qui guident notre accompagnement à la parentalité : le médical, le psychologique et le social. Au travers des témoignages de professionnels de notre région et d’ailleurs, nous espérons mettre en lumière les spécificités et la complexité des situations des familles rencontrées et d’articuler ces observations aux pratiques d’Echoline. Le programme sera disponible dès septembre. Au plaisir d’éveiller votre curiosité et de vous y rencontrer,


L’équipe d’Echoline
 

Info

Pour tout désistement à partir du vendredi 18 janvier 2019 et quelle qu'en soit la raison, aucun remboursement ne sera effectué, de multiples frais ayant déjà été engagés. Merci pour votre compréhension

Affiche

Programme complet

Programme complet à télécharger  ici en pdf


Les intervenants au colloque

Docteur Pierre Rousseau, gynécologue-obstétricien, Président de l'asbl ECHOLINE
Docteur Ewald Goenen, gynécologue-obstétricien au CHR Val de Sambre
Docteur Gaëlle Van de Poel, pédiatre à la Clinique Notre-Dame de Grâce Gosselies
Cathy Caulier, psychologue au service de santé mentale de Saint-Gilles (Bruxelles)
Docteur Frédérique Van Leuven, psychiatre au centre psychiatrique Saint-Bernard à Manage
Anne Wasterlain, doctorante, Service des Sciences de la Famille, UMONS
Docteur Nicole Guedeney, praticien hospitalier, Docteur en Sciences, médecin responsable du 2e intersecteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris (institut mutualiste Montsouris)
Pascale Jamoulle, anthropologue et enseignante à l’UMONS et à l’UCL

Bernard De Vos, délégué général aux droits de l'enfant

Pré Annonce

Notre pré-annonce en  PDF